Afrique monde. La parole aux Africains
Par Michel Korinman
Avec Éric Bertrand Lekini, Isabelle Itimelongo Akwebiwa, Christian Gérard Angue, Mahamat Al-Amine Annour, Charles Cyrille Etoga Ayissi, Denis Zouna Bah, Stève-Arnaud Ohandja Betsama, Frank Ebogo…, Aimée Laure Njanjo Ekoungkang, Antoine Depadou Fouda, Pierre Kipré, Alain Koum, Ferdinand Mben Lissouck, Ifedayo Grace Malachi, Nicolas Thierry Onomo Mbassi, Berthe Melika Obama Mewali, Roland Kayembe Mungedi, Hassan Njifon Njoya, Yannick Landy Nkengue, Joël Trésor Nyonka’a, Pierre Victoire Lafortune, Tabi Ondoua, Armand Tchinenba
39.90 €
À l’horizon 2050, vue de l’Afrique, l’Europe apparaîtra tout au plus comme une petite péninsule accolée à l’Asie. Comment, en effet, regarder la mappemonde sans prendre en compte la prépotence de la démographie qui la façonne? La population africaine qui comptait 300 millions d’individus en 1960 passera de 1,4 milliard recensé actuellement à 2,5 milliards dans trois décennies. Avec la migration vers l’Europe, une croissance démographique exponentielle demeure l’une des grandes orientations qui agitent le Continent noir.
Si l’intention d’émigrer en Europe de quatre Africains sur dix, selon l’Afrobaromètre panafricain, garantit la prospérité des partis populistes au sein de l’UE, il serait erroné de croire qu’elle n’inquiète pas sur la rive Sud de la Méditerranée, au contraire. Des violentes diatribes du Président tunisien contre « des hordes de migrants clandestins », jusqu’à l’hostilité meurtrière de la société sud-africaine à l’encontre de ceux qu’elle désigne comme « des barbares », pour nommer les étrangers, le phénomène migratoire suscite des passions extrêmes et annonce des crises à répétition. Précieux, et inédit à cette échelle, l’apport des chercheurs et des universitaires africains qui partagent dans ce livre leurs analyses, préoccupations et recommandations mérite toute l’attention des Européens que nous sommes. D’une part, il restitue à l’Afrique sa complexité ignorée, sinon gommée par notre arrogance. De l’autre, il nous force à considérer les défis à venir. D’ores et déjà, une loi d’externalisation votée par les députés danois délocalise les demandeurs d’asile dans des pays africains, avant de statuer sur leur sort. Faut-il y voir un modèle, sachant que le mouvement migratoire concerne d’abord, et essentiellement, les États d’Afrique ? Jeune, dynamique, de mieux en mieux éduquée et riche en ressources, l’Afrique n’a pas plus le droit de succomber à la fatalité de la mauvaise gouvernance qu’à celle d’un exil obligé.








